S’ennuyer est bon pour le cerveau : pourquoi le vide est essentiel à notre bien-être
« Je m’ennuie. » On le dit à voix basse. On s’en excuse presque. Dans une société obsédée par la productivité, la stimulation permanente et la performance, l’ennui semble suspect. Il évoque l’inactivité, l’inutile, parfois même la déprime. Et pourtant, les neurosciences, la pleine conscience et les traditions contemplatives affirment l’inverse : l’ennui est indispensable à notre équilibre mental, à notre créativité et à notre bien-être.
Et si nous réhabilitions l’ennui comme un espace de régénération intérieure ?
Pourquoi l’ennui est bon pour le cerveau
Contrairement aux idées reçues, s’ennuyer ne signifie pas que le cerveau s’éteint.
Au contraire, lorsque nous “ne faisons rien”, il active ce que les neuroscientifiques appellent le default mode network (réseau du mode par défaut).
Ce réseau neuronal est impliqué dans :
l’introspection
la mémoire autobiographique
la créativité
la projection dans le futur
la prise de décision
Autrement dit : lorsque vous vous ennuyez, votre cerveau organise, digère, relie et imagine.
Le problème contemporain ?
Ce mode essentiel est constamment interrompu par les notifications, le multitâche, le scroll permanent et la peur du vide. La déconnexion numérique devient alors un véritable enjeu de santé mentale.
Le vide dans les traditions : un espace fertile
Dans les philosophies orientales, le vide n’est jamais perçu comme un manque.
Dans le taoïsme, le vide est ce qui rend la coupe utile. Dans le zen, c’est dans l’absence d’objectif que l’intuition apparaît. Dans le yoga, le pratyahara le retrait des sens est une étape vers une conscience plus fine.
Appliqué à nos vies modernes, cela signifie : ne pas remplir chaque interstice. Laisser un espace entre deux rendez-vous. Marcher sans podcast. Respirer sans application.
Ce flottement est souvent l’endroit exact où surgissent les idées justes.
L’ennui, allié du bien-être et de la créativité
Si l’on parle aujourd’hui autant de bien-être, de pleine conscience et de retraite yoga, ce n’est pas un hasard. Nous cherchons à recréer des espaces de pause. S’ennuyer, c’est :
ralentir le système nerveux
diminuer la surcharge cognitive
relancer la créativité
retrouver une relation plus simple au temps
Dans une retraite yoga et bien-être, ce temps non structuré est souvent ce qui transforme le plus. Entre deux pratiques, dans le silence d’une forêt ou face à l’océan, l’esprit se dépose. Et quelque chose s’aligne.
Réhabiliter les activités “inutiles”
Et si le problème venait de notre obsession de l’efficacité ?
Certaines pratiques, sans objectif mesurable, ont un pouvoir profondément régénérant :
Regarder les nuages passer
Marcher sans destination
Écrire sans intention de publier
Rester allongé dans l’herbe
Faire la vaisselle en pleine conscience
S’asseoir et simplement respirer
Ces moments semblent improductifs. En réalité, ils réparent notre attention. Ils préparent le terrain à des décisions plus claires, à une créativité plus libre, à une action plus juste.

